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IL FAUT D’ABORD REVOIR LE MANDAT DE CBC/RADIO-CANADA

Le mardi 29 Novembre 2016
Groupe TVA

IL FAUT D’ABORD REVOIR LE MANDAT
DE CBC/RADIO-CANADA

 

Prenant connaissance des propositions émises par CBC/Radio-Canada dans le cadre de la consultation de Patrimoine canadien sur le contenu canadien dans un monde numérique, la présidente et chef de la direction de Groupe TVA, Julie Tremblay, a eu la réaction suivante :

« L’idée de retirer la publicité des ondes de CBC/Radio-Canada, en échange d’un financement public rehaussé et garanti, sans préalablement revoir le mandat du diffuseur public, est une proposition ahurissante qui, j’espère, ne bernera personne. CBC/Radio-Canada demande le beurre et l’argent du beurre : plus d’argent, moins de risque financier, aucune interruption publicitaire et, surtout, aucune limite sur sa capacité à concurrencer les diffuseurs privés. C’est la recette parfaite pour assener un coup fatal aux autres diffuseurs canadiens. La priorité devrait plutôt être de réviser et de clarifier le mandat de CBC/Radio-Canada pour assurer qu’elle agisse en complémentarité et non en concurrence avec les diffuseurs privés. »

Comme CBC/Radio-Canada, Groupe TVA croit lui aussi que le gouvernement canadien devrait s’inspirer de ce qui se fait en Grande-Bretagne. Mais, alors que CBC/Radio-Canada se réfère exclusivement à des gestes posés au cours des années 1990, Groupe TVA souhaite qu’on s’inspire du travail effectué cette année dans le cadre du renouvellement de la Charte royale de la BBC. On retient de cet exercice trois éléments qui pourraient, et devraient, s’appliquer tout autant à CBC/Radio-Canada.

Le premier élément serait d’exiger, comme on le fait désormais de la BBC, que le diffuseur public soit tenu d’offrir une programmation qui soit distinctive par rapport à l’offre des diffuseurs privés. On entendrait par « distinctive » une programmation qui se distingue notamment sur les plans suivants :

§  Les genres de programmation à privilégier : culture, éducation, jeunesse, affaires publiques, science, etc.

§  L’étendue et la diversité des publics desservis, tant d’un point de vue géographique, linguistique, ethnique, socio-économique, démographique ou autre.

§  Le niveau d’innovation et d’expérimentation de la programmation, profitant du fait que le diffuseur public bénéficie d’une enveloppe parlementaire qui devrait, en théorie, lui permettre de réduire sa dépendance envers les cotes d’écoute.

Le deuxième élément à inclure dans le mandat du diffuseur public serait d’exiger qu’il soit tenu de considérer l’impact de ses actions sur les autres membres de l’écosystème canadien de radiodiffusion, dont notamment, les autres diffuseurs. Le diffuseur public intervient en effet de nombreuses façons susceptibles de nuire aux intérêts des autres joueurs de l’industrie, entre autres par la surenchère sur les droits et budgets de programmation.

Troisièmement, le gouvernement devrait s’assurer que le CRTC ait le mandat d’imposer les outils de reddition de compte nécessaires pour faire respecter les futures balises imposées au diffuseur public en matière de contenu distinctif et de relations avec les autres membres de l’écosystème de radiodiffusion.

Prises ensemble, ces mesures devraient permettre une cohabitation plus saine et harmonieuse entre le diffuseur public, les diffuseurs privés et les autres médias qui souffrent de sa concurrence, offrant à ceux-ci une bouffée d’air dont ils ont actuellement cruellement besoin.

« Nous sommes heureux de l’ouverture démontrée par la ministre du Patrimoine canadien à tenir compte des commentaires émis par tous les intervenants de l’écosystème canadien de radiodiffusion. Ce faisant, elle aura la chance d’entendre les nombreuses voix qui se sont élevées, partout au Canada, au cours des dernières semaines, pour dénoncer la concurrence déloyale dont de nombreux médias sont l’objet de la part du diffuseur public. Plusieurs, dont Groupe TVA, ont déploré une situation où, si rien n’est fait, le paysage médiatique canadien risque à brève échéance d’être dominé par une poignée de géants mondiaux et CBC/Radio-Canada. Retirer la publicité des ondes de CBC/Radio-Canada en échange d’un financement rehaussé, sans lui imposer un mandat clair, en complémentarité avec les diffuseurs privés et reposant sur une programmation distinctive, ne ferait qu’accélérer cette inquiétante tendance », conclut Mme Tremblay.

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